Vous remplissez un formulaire en ligne, vous l'imprimez, puis vous prenez un taxi pour déposer exactement les mêmes informations au guichet. Quelques jours plus tard, on vous demande une photocopie supplémentaire. Cette scène, familière à beaucoup d'usagers, résume le piège de la « digitalisation » : mettre une procédure sur un écran sans changer la procédure elle-même.
Le Cameroun dispose pourtant d'un portail officiel des services publics qui centralise des informations, formulaires, annuaires et guides pratiques. C'est un point de départ utile. Mais un portail d'information n'est pas automatiquement un guichet transactionnel où l'on peut déposer, payer, suivre et recevoir une décision sans rupture.
Informer, télécharger, déposer : trois niveaux qu'on confond
Premier niveau : trouver les pièces à fournir et l'administration compétente. Deuxième niveau : transmettre un dossier et recevoir un accusé de réception. Troisième niveau : achever la démarche, payer les frais officiels, obtenir le document et contester une erreur sans devoir recommencer au guichet.
Quand une administration annonce que « ses formalités sont en ligne », il faudrait toujours demander : à quel niveau ? Peut-on terminer le parcours depuis son téléphone ? Les données envoyées une première fois doivent-elles être ressaisies ? La réponse est-elle juridiquement valable sous forme électronique ?
